Pendant une campagne municipale, l’affichage dans l’espace public obéit à des règles précises, mais aussi à des usages militants qui relèvent du simple respect démocratique. Cette fiche présente de façon accessible ce que dit la loi et ce que l’on peut considérer comme les « bonnes pratiques ».
1. Quels types de panneaux existe-t-il ?
Pour les élections, il existe deux grands types de panneaux dans l’espace public :
- Les panneaux d’affichage électoral officiel.
- Les panneaux d’expression libre.
Les panneaux d’affichage électoral officiel sont installés par la mairie pour chaque liste ou candidat pendant la campagne officielle. Chaque liste dispose d’un emplacement réservé, et le format des affiches est encadré, notamment pour les professions de foi et affiches officielles. L’affichage de propagande électorale est alors strictement limité à ces panneaux officiels et à quelques supports autorisés.
Les panneaux d’expression libre sont des emplacements permanents où les citoyen·nes, collectifs et associations peuvent afficher des opinions, des informations sur leurs activités ou des appels à mobilisation. La loi impose aux communes de mettre à disposition ce type d’emplacement pour l’affichage d’opinion et les activités associatives sans but lucratif, avec une surface minimale en fonction du nombre d’habitants.
En dehors de ces panneaux (électoraux officiels et expression libre), l’affichage politique ou électoral dans l’espace public est en principe interdit.
2. Affichage sauvage, arrachage, dégradation, recouvrement : que risque-t-on ?
Il faut distinguer plusieurs situations fréquentes en période de campagne.
1. Affichage sauvage
Coller une affiche sur un mur, un abribus, un mobilier urbain ou un bâtiment public sans autorisation est considéré comme de l’affichage sauvage. La commune peut faire enlever ces affiches et, dans certains cas, infliger ou provoquer des sanctions (amende administrative ou contravention).
2. Affichage électoral illégal
En période électorale, coller des affiches de campagne en dehors des emplacements autorisés (panneaux électoraux officiels, panneaux d’expression libre, et éventuellement quelques lieux explicitement prévus) est interdit. Cela peut entraîner le retrait d’office des affiches, des amendes, et dans certains cas, des sanctions qui visent directement le candidat ou la liste qui en bénéficie, si l’infraction a été commise avec leur accord ou sur leurs instructions.
3. Dégradation de panneaux ou d’affiches
Arracher, lacérer, taguer ou peindre sur les affiches des autres ou sur les panneaux eux‑mêmes peut être qualifié de dégradation de biens publics ou privés. Cela peut donner lieu à une intervention de la police municipale ou nationale, à un relevé d’identité si la personne est prise sur le fait, à un dépôt de plainte de la commune ou de la liste lésée, et à des poursuites pénales.
Concrètement, si quelqu’un est surpris en train d’arracher ou de taguer des affiches sur les panneaux municipaux, il s’expose à des poursuites pour dégradation de bien et, potentiellement, à l’obligation d’indemniser la commune ou la liste concernée.
3. Usages militants et règles de bonne conduite
Au‑delà de ce que prévoit la loi, il existe des règles de bonne conduite largement reconnues dans les milieux militants, associatifs et politiques. Elles visent à préserver un minimum de respect et de pluralisme.
Quelques repères utiles pour les citoyen·nes et les militant·es :
- Sur les panneaux d’expression libre, on considère souvent qu’il s’agit d’un bien commun : on évite de tout recouvrir avec la propagande d’un seul groupe, on laisse de la place pour d’autres voix, on ne monopolise pas systématiquement les emplacements les plus visibles.
- Le recouvrement d’affiches (coller par‑dessus une affiche existante) est une pratique fréquente, surtout quand l’actualité est dense, mais dans la « culture militante » il y a des façons plus ou moins respectueuses de le faire : laisser vivre une affiche un minimum avant de la recouvrir, ne pas recouvrir systématiquement les mêmes groupes, éviter de rendre les messages illisibles de manière volontairement agressive.
- L’arrachage pur et simple des affiches des autres ou leur dégradation (tags insultants, jets de peinture, découpage pour ridiculiser un portrait, etc.) est considéré comme une atteinte au pluralisme. Juridiquement, cela peut être une dégradation, et politiquement, c’est très mal perçu : on attaque la liberté d’expression plutôt que de répondre par des arguments.
- Sur les panneaux électoraux officiels, la règle non écrite mais claire est : chacun reste sur son panneau, on ne colle pas sur le panneau des autres, on n’arrache pas leurs affiches, on ne les recouvre pas, on ne les vandalise pas.
On peut donc résumer ainsi :
- Recouvrir une affiche sur un panneau d’expression libre est une pratique tolérée, mais qui appelle à la mesure et au respect des autres.
- Arracher ou dégrader les affiches des autres, que ce soit sur panneaux libres ou sur panneaux électoraux officiels, est à la fois risqué juridiquement et contraire à l’esprit démocratique.
Pour aller plus loin :
- Panneaux d’affichage d’expression libre – obligations des communes
- Municipales 2026 : panneaux d’affichage électoraux – règles à connaître
- Respect de la loi sur les panneaux d’affichage libre – analyse militante et juridique
https://bastienlachaud.fr/2025/09/30/respect-de-la-loi-sur-les-panneaux-daffichage-libre/ - Question écrite au gouvernement : respect de la loi sur les panneaux d’affichage libre
