Compagnie architecture : construire autrement, faire lien autrement

Il existe des agences d’ar­chi­tec­ture qui dessi­nent des bâti­ments. Et d’autres qui ten­tent aus­si de dessin­er une manière de faire. Com­pag­nie archi­tec­ture, basée à Bor­deaux et portée par Chloé Bodart et Jules Eymard, appar­tient claire­ment à cette sec­onde famille. Leur site le dit sans détour : la démarche repose sur la trans­for­ma­tion sen­si­ble de l’ex­is­tant, sur le chantier habité comme acte cul­turel, et sur une écoute atten­tive des besoins de la maîtrise d’ou­vrage. Site de l’a­gence


Ce qui frappe d’abord, c’est que l’ar­chi­tec­ture n’y est jamais réduite à une forme. Elle devient une pra­tique col­lec­tive, presque poli­tique, où l’on cherche à ren­dre lis­i­bles les choix con­struc­tifs, à partager les étapes du pro­jet et à con­stru­ire une cul­ture com­mune autour du lieu. L’a­gence par­le de com­muns, de per­ma­nence archi­tec­turale, de chantier cul­turel, de maque­ttes évo­lu­tives et d’ate­liers : autant d’outils qui dépla­cent l’ar­chi­tec­ture hors du seul tête-à-tête entre un com­man­di­taire et un con­cep­teur. Approche de l’a­gence
Cette manière de tra­vailler entre en réso­nance avec l’idée de faire autrement en démoc­ra­tie. Dans les deux cas, il s’ag­it de refuser le sché­ma descen­dant, figé, fer­mé sur lui-même. Il s’ag­it au con­traire d’ou­vrir le proces­sus, d’é­couter les usages, de faire place aux acteurs con­cernés et de con­sid­ér­er que la qual­ité d’un pro­jet tient aus­si à la manière dont il se fab­rique.
L’o­rig­i­nal­ité de Com­pag­nie archi­tec­ture tient donc autant à ses bâti­ments qu’à sa méth­ode. L’a­gence revendique une esthé­tique sin­gulière, mais aus­si une atten­tion aux ter­ri­toires, aux ressources locales, aux usages réels et à la façon dont un pro­jet peut devenir intel­li­gi­ble pour celles et ceux qui le vivent. Pro­jets de l’a­gence
En ce sens, elle pro­pose une archi­tec­ture qui n’im­pose pas seule­ment une forme : elle cherche à pro­duire du sens partagé. C’est sans doute là que le lien avec la démoc­ra­tie devient le plus par­lant. Faire autrement en archi­tec­ture, c’est aus­si admet­tre que la déci­sion ne vaut que si elle est com­prise, dis­cutée et appro­priée. À l’échelle d’une com­mune, d’un équipement pub­lic ou d’un quarti­er, cette logique rejoint une exi­gence démoc­ra­tique sim­ple : con­stru­ire avec les gens, et pas seule­ment pour eux.

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