Quelle époque nerveuse!

Extraits de deux édi­to­ri­aux de la revue V.O.
https://vo-mag.fr/qui-sommes-nous
Les deux édi­tos sont disponibles en PDF en suiv­ant ce lien.
Ques­tion de points de vue sur la démoc­ra­tie, l’é­coute,  le débat, le respect.

Édi­to­r­i­al 1:

.…L’ aveu­gle­ment des gou­ver­nants com­mence par leur inca­pac­ité à se reli­er à l’hu­main. Face à toute pen­sée ne ser­vant pas leurs intérêts, leur réflexe n’est pas l’é­coute ou le débat, mais l’écrase­ment. Dès lors, qui est réelle­ment du côté de la démoc­ra­tie? Ceux qui défend­ent l’en­vi­ron­nement et le bien com­mun ou ceux qui, pour préserv­er quelques intérêts privés, dis­qual­i­fient toute oppo­si­tion à coups de slo­gans réduc­teurs tels que « “écoter­ror­isme”?
Ces mots n’ont qu’une fonc­tion: légitimer un ordre pré­ten­du­ment ras­sur­ant, tout en creu­sant tou­jours davan­tage les iné­gal­ités.…


Édi­to­r­i­al 2:

Quelle époque nerveuse ! Que de réflex­es plus que de réflex­ions! .… À mesure que nous pub­lions, les mes­sages se dur­cis­sent. Il suf­fit par­fois de nuancer un mot comme dans l’édi­to de févri­er — pour être éti­queté, caté­gorisé, .…. Tou­jours les mêmes ren­gaines, comme si penser deve­nait sus­pect, alors que c’est ce qui fait la force et la beauté de l’hu­main. Mais depuis quand le désac­cord est-il une men­ace? Dire “je ne suis pas d’ac­cord” devrait suf­fire. Pourquoi lui préfér­er l’a­gres­sion, ce rac­cour­ci bru­tal, qui en dit sou­vent plus sur celui qui l’emploie que sur celui qui la reçoit ?

Comme l’écrivait Niet­zsche: « Il faut encore porter en soi un chaos pour pou­voir met­tre au monde une étoile dansante ». Accep­tons ce chaos, ces con­tra­dic­tions, ces ten­sions fécon­des qui font la pen­sée vivante, au lieu de chercher à les écras­er sous des cer­ti­tudes trop rapi­des…

.…l’har­monie naît de l’é­coute, pas de l’u­ni­for­mité. C’est peut-être cela qui nous manque aujour­d’hui: la patience d’é­couter, de ne pas réa­gir, pour mieux bat­tre à l’u­nis­son. Respirez. Apprenez à laiss­er pass­er. Nous avons tous tort et rai­son. Rien ne mérite que l’on s’abîme dans la colère… encore moins dans la haine. Nous n’avons qu’une vie, une seule, et si peu de temps à per­dre en fric­tions stériles.…

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