Mode d’emploi complet pour bien démarrer le mandat
Voir la vidéo “Comment le maire est élu”
Après une élection municipale victorieuse, tout s’accélère : le premier conseil municipal réunit les nouveaux élus pour installer l’exécutif communal. Maire, adjoints, délégations, indemnités… découvrez étape par étape comment se déroule cette séance cruciale, qui pose les bases du fonctionnement de votre commune pour les six prochaines années.
Le premier conseil municipal : un moment clé du nouveau mandat
Après les élections municipales, le premier conseil municipal marque l’entrée en fonction concrète de la nouvelle équipe. C’est lors de cette séance que sont élus le maire et les adjoints, que l’organisation politique de la commune se met en place et que se dessinent les équilibres du mandat à venir.
Qui convoque et préside le premier conseil municipal ?
Une fois les résultats proclamés, le premier conseil municipal doit se réunir dans un délai légal précis (généralement dans la semaine qui suit l’élection, selon le calendrier fixé par la loi). La convocation est adressée à l’ensemble des conseillers municipaux élus.
Au début de la séance, le conseil n’a pas encore de maire officiellement installé. La réunion est donc ouverte et présidée par le doyen d’âge des conseillers municipaux, tandis que le ou la plus jeune d’entre eux est désigné(e) comme secrétaire de séance. Ce n’est qu’une fois le maire élu que celui-ci prendra la présidence du conseil.
Comment est désigné le maire ?
Le maire est élu par le conseil municipal, parmi les conseillers élus. Ce n’est donc pas le bulletin des électeurs qui désigne directement le maire, mais un vote interne du conseil.
L’élection se fait à bulletin secret. Au premier et au deuxième tour de scrutin, le candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. Si aucun candidat n’atteint cette majorité au bout de deux tours, un troisième tour est organisé. Lors de ce troisième tour, la majorité relative suffit : est élu le candidat qui obtient le plus de voix. En cas d’égalité parfaite au troisième tour, c’est le candidat le plus âgé qui est déclaré élu.
Dès sa proclamation, le nouveau maire prend la présidence de la séance. Il dirige alors la suite du conseil, notamment l’élection des adjoints.
Quand et comment sont désignés les adjoints au maire ?
L’élection des adjoints intervient immédiatement après celle du maire, au cours de ce même premier conseil municipal. Leur nombre est d’abord fixé par le conseil, dans la limite d’un plafond légal (un pourcentage du nombre total de conseillers municipaux, qui varie selon la taille de la commune).
Les adjoints sont ensuite élus au scrutin secret. Dans les communes de taille importante, il s’agit en général d’un scrutin de liste, sans panachage ni modification de l’ordre des candidats sur la liste. Cette liste doit respecter les règles de parité. La liste d’adjoints qui obtient la majorité requise est déclarée élue, dans l’ordre de présentation de la liste. Cet ordre détermine le rang de chaque adjoint : premier adjoint, deuxième adjoint, etc.
Qui décide des titres et des attributions des adjoints ?
Une fois les adjoints élus, le maire répartit les domaines de responsabilité. C’est lui qui propose, souvent après concertation avec sa majorité, les « portefeuilles » confiés à chaque adjoint : finances, urbanisme, éducation, culture, solidarité, environnement, etc.
Les intitulés exacts (par exemple : « 1ère adjointe aux finances et aux ressources humaines » ou « adjoint à la vie associative ») sont assez libres. Ils reflètent les priorités politiques de l’équipe et l’organisation choisie pour le travail municipal. En pratique, ces attributions sont formalisées par des arrêtés de délégation du maire, qui précisent les domaines dans lesquels l’adjoint peut signer des actes et prendre certaines décisions au nom du maire.
Combien peut-il y avoir d’adjoints ?
Le nombre d’adjoints est encadré par la loi. Il dépend de la taille de la commune et ne peut pas dépasser un pourcentage du nombre total de conseillers municipaux. L’objectif est d’éviter une inflation de postes exécutifs et de garantir une certaine proportionnalité entre la taille de l’assemblée et le nombre de membres de l’exécutif.
Dans ce cadre légal, le conseil municipal dispose d’une marge de manœuvre. Il peut décider d’un nombre d’adjoints inférieur au maximum autorisé, en fonction de la taille de la commune, de ses besoins, de son organisation interne ou encore de ses contraintes budgétaires.
Adjoints et conseillers municipaux délégués : quelle différence ?
Il faut distinguer les adjoints au maire des simples conseillers municipaux qui reçoivent une délégation. Les adjoints font partie de l’exécutif communal et sont, en quelque sorte, les «ministres» du maire. Ils ont généralement un rôle de premier plan dans la conduite des politiques publiques locales, participent de façon régulière à la représentation officielle de la commune et peuvent signer des actes au nom du maire dans le champ de leurs délégations.
Les conseillers municipaux délégués, eux, restent des conseillers municipaux « simples » mais se voient confier une mission plus précise sur un sujet particulier (par exemple : «conseiller délégué au numérique » ou « conseiller délégué au quartier X »). Ils épaulent le maire et les adjoints dans leurs domaines de compétence, mais n’occupent pas le même rang dans la hiérarchie de l’exécutif.
Qui décide des indemnités des élus municipaux ?
Les fonctions de maire, d’adjoint et, parfois, de certains conseillers délégués donnent droit à des indemnités de fonction. Ces indemnités ne sont pas un salaire au sens du droit du travail, mais une compensation financière pour le temps consacré et les responsabilités exercées.
Le montant des indemnités est encadré par la loi, qui fixe des plafonds en fonction de la strate démographique de la commune. Pour chaque strate (par exemple, moins de 1 000 habitants, de 1 000 à 3 500, etc.), un pourcentage maximal de l’indice de référence de la fonction publique est prévu pour le maire et pour les adjoints. La commune ne peut pas dépasser ces plafonds.
Comment les indemnités sont-elles fixées et réparties ?
Dans ces limites légales, c’est le conseil municipal qui décide, par délibération, du niveau concret des indemnités versées au maire, aux adjoints et éventuellement à certains conseillers délégués. Cette délibération intervient en général au début du mandat, souvent lors des premières séances, et peut être ajustée en cours de mandat si nécessaire.
Plusieurs choix sont possibles :
- attribuer l’indemnité maximale au maire et des pourcentages plus ou moins élevés aux adjoints ;
- réduire l’indemnité du maire pour en augmenter une partie de celles des adjoints ou de conseillers délégués ;
- décider collectivement d’un niveau plus modéré pour tenir compte de la situation financière de la commune ;
- ou encore, à l’inverse, se situer au plus près des plafonds légaux lorsque la charge de travail est particulièrement lourde.
Dans tous les cas, ces indemnités sont versées sur le budget de fonctionnement de la commune. Elles doivent donc être cohérentes avec l’équilibre budgétaire et avec le discours politique tenu sur la gestion des deniers publics. Le vote de la délibération est public, et son contenu peut être communiqué aux habitants, par exemple via le site internet, le bulletin municipal ou un compte rendu accessible.
Quelles marges de liberté et quelles alternatives ?
Les élus disposent d’une certaine liberté à l’intérieur du cadre fixé par la loi. Ils peuvent choisir :
- de ne pas verser la totalité des indemnités possibles ;
- de moduler les indemnités entre les membres de l’exécutif en fonction de la charge de travail ou du temps disponible de chacun ;
- d’associer ce choix à un engagement politique (par exemple : limiter les indemnités au début du mandat pour préserver les capacités d’investissement).
Certaines équipes choisissent aussi de rendre ce débat plus transparent en expliquant publiquement leurs choix, en publiant les montants votés ou en les intégrant dans une démarche plus globale de « charte éthique » du mandat (engagement sur les cumuls, la transparence des rémunérations, etc.). Même si la loi n’impose pas de consultation directe des habitants sur ce sujet, rien n’empêche d’organiser un débat public, une réunion d’information ou de mettre en ligne une présentation pédagogique des différentes options.
