Démocratie participative à Léognan

Lors d’échanges sur Face­book autour de la cam­pagne munic­i­pale léog­nanaise de 2026 et de l’ex­is­tence d’une liste citoyenne se définis­sant comme aparti­sane, j’ai pris part à la dis­cus­sion. Je reprends ici et mod­i­fie en par­tie mes inter­ven­tions..

Je recon­nais que l’ap­pari­tion de listes citoyennes depuis 2014 dans le paysage poli­tique munic­i­pal fran­cais rend les choses plus com­plex­es. J’aime à sim­pli­fi­er pour dire que si les listes citoyennes sont com­posées de manière très majori­taire de per­son­nes non encar­tées, il est prob­a­ble que pour une très grande majorité, les per­son­nes qui les com­posent sont des votants de par­tis allant du cen­tre gauche à LFI. 

Donc la pré­fec­ture sim­pli­fie et classe dans divers gauche,  car ça n’ex­iste pas de liste citoyenne com­posée d’électeurs de sen­si­bil­ité droite, cen­tre droit. Peut-être que  ça arrivera un jour, mais c’est moins dans l’ADN de ces sen­si­bil­ités de penser qu’on peut chang­er le mode de gou­ver­nance. Déjà que ce n’est pas évi­dent non plus pour des per­son­nes issues de par­ti tra­di­tion­nels de gauche. Je dirais que c’est plutôt une ques­tion de généra­tion.

Dans un arti­cle récent on pou­vait lire :
L’an­cien maire PS de XXX, aujour­d’hui con­seiller départe­men­tal, digère mal la médi­ati­sa­tion flat­teuse de l’ac­tion menée par ses suc­cesseurs, qu’il sem­ble vivre comme une cri­tique de la sienne. “La démoc­ra­tie par­tic­i­pa­tive n’est pas plus démoc­ra­tique que la démoc­ra­tie tout court!” lance-t-il, con­trar­ié. “Deman­der aux citoyens leur avis sur un pro­jet, c’est une chose, mais co-con­stru­ire avec eux, par­don­nez-moi, je suis scep­tique… D’ailleurs, n’est-il pas dis­cutable que des habi­tants de la ville pren­nent part aux débats au même titre que les élus? Pour moi, la meilleure expres­sion de la démoc­ra­tie, c’est le vote…“
Ben voyons, votez, cir­culez, il n’y a plus rien à voir d’i­ci les 6 prochaines années et le prochain vote.

Pour sim­pli­fi­er,  je dirai que c’est plus dans l’ADN des par­tis dits écologiques. 

J’ai aus­si écrit à des mem­bres du col­lec­tif citoyen de Léog­nan qui s’ex­pri­maient sur les réseaux, “Vous avez beau essay­er d’ex­pli­quer sim­ple­ment le principe de fonc­tion­nement de votre col­lec­tif Léog­nan 2026 ,  ça aura du mal à être com­pris car c’est très/trop nova­teur. Pour Léog­nan en tout cas.“
Il existe une expéri­ence démoc­ra­tique réussie à Léog­nan, elle passe  par un tis­su asso­ci­atif riche (c’est déjà pas si mal) et les deux instances anci­ennes qui sont en réal­ité les pre­mières instances délibéra­tives rel­a­tive­ment autonomes,  dotées d’un bud­get. Qui ont existé dans cer­taines com­munes. C’é­tait déjà une manière de faire de la poli­tique autrement. Je veux par­ler de l’OM­SC et de l’OMS.

La lec­ture de cet arti­cle est très intéres­sante car ce type de doc­u­men­ta­tion sur ces “struc­tures” est plutôt rare.
Il y est écrit “À l’o­rig­ine, les offices munic­i­paux avaient pour voca­tion d’as­soci­er les acteurs locaux au proces­sus de déci­sion ; ils rel­e­vaient d’une volon­té d’as­soci­er la pop­u­la­tion à l’élab­o­ra­tion des poli­tiques sportives, cul­turelles ou sociales.” ce qui pour­rait donc relever de “pra­tiques par­tic­i­pa­tives”. J’ai pu en mesur­er les effets posi­tifs, une cer­taine autonomie avec un bud­get pro­pre pour men­er des pro­jets réu­nis­sant plusieurs asso­ci­a­tions (exem­ple de la comédie musi­cale de 2006 cf son texte inté­gral) et aus­si con­stater cer­taines lim­ites.
On trou­ve dans l’ar­ti­cle
“L’of­fice agit-t-il de sa pro­pre autorité, libre­ment de sa pro­pre ini­tia­tive ou est-il le sim­ple bras séculi­er de l’ad­min­is­tra­tion ter­ri­to­ri­ale (ce terme inclu­ant alors les élus) ; si tel est le cas, les risques sont grands de voir requal­i­fi­er toutes les opéra­tions effec­tuées…
S’il s’ag­it unique­ment d’as­soci­er les représen­tants locaux du monde sportif ou cul­turel, le maire gag­n­era, désor­mais, en effi­cac­ité et en sécu­rité en créant des com­mis­sions extra-munic­i­pales ou des comités con­sul­tat­ifs prévus respec­tive­ment par les arti­cles L.2121–22 et L. 2143–2 du CGCT. ”

Peu de gens à Léog­nan et ailleurs imag­i­nent qu’il existe d’autres fonc­tion­nements pos­si­bles pour peu que des élus et les habi­tants veuil­lent cette trans­for­ma­tion engageante.
C’est un réel saut dans l’in­con­nu. 
Je vais ten­ter de défrich­er ce ter­rain des “autrements” sans vouloir les oppos­er à des fonc­tion­nements plus habituels, tra­di­tion­nels et large­ment majori­taires pour le moment. 
Mais il est cer­tain que pour “embar­quer des habi­tants dans des aspi­ra­tions et propo­si­tions nou­velles, non seule­ment les ini­ti­a­teurs doivent être for­més à ces nou­velles pra­tiques,  mais les habi­tants doivent être infor­més et accepter de chang­er leur manière assez con­fort­able de choisir leur maire et son équipe.  “Je vote puis pen­dant 6 ans,  j’ap­plaud­is ou je
Qu’est-ce qui con­vient le mieux aux habi­tants? Qu’est-ce qui leur fait le plus envie?
Ce n’est pas une ques­tion de par­tis ou de per­son­nes mais une manière (très) dif­férente d’ex­ercer des respon­s­abil­ités.
Voir sur ce site les arti­cles de cette rubrique