Commission communale des impôts directs: comment se constitue la liste des membres?

La com­mis­sion com­mu­nale des impôts directs, ou CCID, est une instance prévue par l’article 1650 du code général des impôts. Elle con­tribue à l’évaluation des bases fis­cales locales et apporte un regard de ter­rain sur les biens impos­ables de la com­mune.

Un cadre fixé par les textes

La CCID com­prend le maire ou l’adjoint délégué, qui la pré­side, et des com­mis­saires désignés par­mi des con­tribuables de la com­mune. Le con­seil munic­i­pal dresse une liste de présen­ta­tion, puis l’administration fis­cale choisit les mem­bres tit­u­laires et sup­pléants à par­tir de cette liste.
Légifrance – arti­cle 1650
Col­lec­tiv­ités locales – Les com­mis­sions des impôts directs

La désig­na­tion des com­mis­saires et de leurs sup­pléants doit per­me­t­tre une représen­ta­tion équili­brée des per­son­nes imposées à la taxe fon­cière, à la taxe d’habitation sur les rési­dences sec­ondaires et à la coti­sa­tion fon­cière des entre­pris­es.

Qui prépare la liste ?

La liste pro­posée au con­seil munic­i­pal est, en pra­tique, pré­parée par le maire et les ser­vices munic­i­paux. Elle est ensuite soumise au con­seil munic­i­pal pour val­i­da­tion par délibéra­tion avant trans­mis­sion à l’administration fis­cale.
ATD31 – La com­mis­sion com­mu­nale des impôts directs

Aucune règle n’impose formelle­ment d’y faire fig­ur­er des représen­tants de la majorité et des minorités. En revanche, la bonne pra­tique con­siste à rechercher un équili­bre entre les sen­si­bil­ités locales et à retenir des con­tribuables con­nais­sant bien la com­mune. Les élus minori­taires peu­vent pro­pos­er des noms, sans garantie que ceux-ci soient retenus.

Les critères de sélection

Les prin­ci­paux critères qui devraient guider le maire et les ser­vices munic­i­paux sont les suiv­ants :

  • choisir des con­tribuables inscrits aux rôles des impôts directs locaux de la com­mune ;
  • retenir des per­son­nes famil­iarisées avec les réal­ités locales ;
  • rechercher des pro­fils ayant des con­nais­sances suff­isantes pour com­pren­dre les enjeux de fis­cal­ité locale ;
  • veiller à une représen­ta­tion équili­brée des per­son­nes soumis­es aux prin­ci­pales tax­es locales ;
  • éviter une liste trop fer­mée poli­tique­ment, afin de préserv­er la crédi­bil­ité de la com­mis­sion ;
  • prévoir, autant que pos­si­ble, une cer­taine diver­sité géo­graphique, sociale et d’expérience au sein de la com­mune.

Ces ori­en­ta­tions rejoignent la logique rap­pelée par la doc­trine admin­is­tra­tive et les fich­es pra­tiques locales : la CCID doit réu­nir des mem­bres capa­bles d’apporter une con­nais­sance con­crète du ter­rain et de par­ticiper utile­ment aux travaux d’évaluation fis­cale.

Une logique de proximité

L’administration fis­cale ne choisit donc pas les mem­bres au hasard. Elle retient, par­mi les noms pro­posés par la com­mune, des per­son­nes éli­gi­bles, con­nais­sant les réal­ités locales et sus­cep­ti­bles de con­tribuer à une appré­ci­a­tion utile des sit­u­a­tions fon­cières et immo­bil­ières.

C’est ce mécan­isme qui donne à la CCID son intérêt : une exper­tise de ter­rain au ser­vice d’une fis­cal­ité locale plus juste et mieux adap­tée aux réal­ités de la com­mune.

Voir les autres fich­es