L’office de tourisme : organisation et gouvernance

L’of­fice de tourisme joue un rôle cen­tral dans l’at­trac­tiv­ité des com­munes et inter­com­mu­nal­ités touris­tiques. Sa ges­tion relève désor­mais prin­ci­pale­ment des EPCI, avec des formes juridiques var­iées et une gou­ver­nance spé­ci­fique. Cette fiche présente son organ­i­sa­tion, la désig­na­tion de son prési­dent et son sys­tème de rémunéra­tion.

1. Compétence et création

Depuis la loi NOTRe (2015), la pro­mo­tion du tourisme et la créa­tion d’of­fices de tourisme sont des com­pé­tences oblig­a­toires des inter­com­mu­nal­ités (EPCI : com­mu­nauté de com­munes, d’ag­gloméra­tion, etc.).
Les com­munes touris­tiques classées peu­vent con­serv­er cette com­pé­tence dans cer­tains cas (Loi Mon­tagne II), mais la majorité des offices sont aujour­d’hui inter­com­mu­naux.

2. Formes juridiques possibles

L’in­ter­com­mu­nal­ité choisit libre­ment la forme juridique de l’of­fice de tourisme :

Régie communale/intercommunale

Struc­ture la plus sim­ple, dirigée directe­ment par l’EP­CI, sans per­son­nal­ité morale pro­pre.

Établissement Public à Caractère Industriel et Commercial (EPIC)

Forme la plus courante pour les offices struc­turés. Dis­pose d’une per­son­nal­ité morale et d’une autonomie finan­cière, avec bud­get soumis à appro­ba­tion du con­seil com­mu­nau­taire.

Société Publique Locale (SPL)

Forme récente pour offices touris­tiques impor­tants. Cap­i­tal entière­ment détenu par l’EP­CI.

Association

Rare, util­isée pour offices mutu­al­isés entre plusieurs EPCI.

3. Organisation et comité de direction

Composition (EPIC — cas majoritaire)

Le comité de direc­tion com­prend :

  • Mem­bres de droit : prési­dent de l’EP­CI, 1er vice-prési­dent, tré­sori­er
  • Con­seillers com­mu­nau­taires élus par le con­seil com­mu­nau­taire
  • Per­son­nal­ités qual­i­fiées (élus locaux, socio-pro­fes­sion­nels du tourisme, habi­tants)

    Les représen­tants de l’EP­CI déti­en­nent tou­jours la majorité des sièges.

Élection du président

Le comité de direc­tion élit son prési­dent par­mi ses mem­bres. Il est générale­ment :

  • Un maire d’une com­mune touris­tique impor­tante
  • Un con­seiller com­mu­nau­taire ayant des com­pé­tences tourisme

Man­dat renou­ve­lable tous les 6 ans (durée du man­dat com­mu­nau­taire).

4. Système de rémunération

Président de l’office de tourisme

Indem­nité votée par le con­seil com­mu­nau­taire, alignée sur les indem­nités d’élu local :

  • Office classé 1 à 3 fleurs : 400–800€/mois
  • Office classé 4 à 5 fleurs : 800–1 500€/mois

Rarement cumu­la­ble avec indem­nité de vice-prési­dent com­mu­nau­taire.

Directeur de l’office

Rémunéra­tion de droit privé (con­trat de tra­vail) :

  • Petit office : 2 000–3 000€ brut/mois
  • Office struc­turé : 3 500–6 000€ brut/mois
  • Office impor­tant : 6 000€+ brut/mois

Nom­mé par le prési­dent de l’of­fice, avec avis du comité de direc­tion.

5. Ressources financières principales

Recettes prin­ci­pales :

  • Taxe de séjour (prin­ci­pale ressource, votée par l’EP­CI)
  • Sub­ven­tions EPCI, départe­ment, région
  • Presta­tions payantes (réser­va­tions, mer­chan­dis­ing)
  • Sou­tiens privés (parte­nar­i­ats entre­pris­es)

Bud­get annuel : 100 000€ (petites struc­tures) à plusieurs mil­lions d’eu­ros (offices impor­tants).

6. Rôle et missions principales

L’of­fice de tourisme assure :

  • Accueil et infor­ma­tion des touristes
  • Pro­mo­tion du ter­ri­toire (site inter­net, brochures, réseaux soci­aux)
  • Com­mer­cial­i­sa­tion des séjours et héberge­ments
  • Ani­ma­tion (man­i­fes­ta­tions, événe­ments)
  • Études et obser­va­toire du tourisme local

Oblig­a­toire­ment con­sulté sur les pro­jets d’équipements touris­tiques struc­turants.

7. Contrôle et fonctionnement

  • Bud­get : pré­paré par le directeur, voté par le comité de direc­tion, approu­vé par le con­seil com­mu­nau­taire
  • Comptes : soumis au con­trôle de la cham­bre régionale des comptes
  • Rap­port annuel d’ac­tiv­ité : présen­té au con­seil com­mu­nau­taire
  • Séances du comité : non publiques, min­i­mum 6 par an

8. Cas particuliers

Offices mul­ti-EPCI : plusieurs inter­com­mu­nal­ités peu­vent créer un office com­mun (ordon­nance 2015).

Offices com­mu­naux résidu­els : sta­tions classées de tourisme ayant con­servé la com­pé­tence.

Classe­ment pré­fec­toral (1 à 5 fleurs) oblig­a­toire tous les 5 ans, con­di­tionne les sub­ven­tions et la vis­i­bil­ité.

Sources et pour aller plus loin

Voir les autres fich­es