La mairie est à la fois un lieu, une administration et une institution politique : elle concentre le quotidien des habitants (papiers d’identité, écoles, voirie) et la mise en œuvre des décisions du conseil municipal. Elle fonctionne autour d’un trio indissociable : le conseil municipal, le maire et l’administration communale. Cette fiche présente l’organisation interne de la mairie, ses principales compétences, et ouvre sur l’importance croissante de l’intercommunalité.
À retenir en 3 points :
- La mairie, c’est un conseil municipal (décision), un maire (exécution) et une administration (mise en œuvre).
- Ses compétences couvrent le quotidien : état civil, écoles, urbanisme, voirie, action sociale locale.
- De plus en plus de missions sont exercées à l’échelle intercommunale (communauté de communes, d’agglo, etc.).
1. L’organisation politique : conseil municipal, maire, adjoints
Le conseil municipal est l’assemblée délibérante de la commune : il fixe les grandes orientations, vote le budget, adopte les règlements locaux et les projets (école, voirie, équipements, subventions aux associations). Il est élu pour 6 ans au suffrage universel direct et se réunit au moins une fois par trimestre, souvent plus fréquemment.
Le maire est l’organe exécutif de la commune : il prépare les délibérations, exécute les décisions du conseil, signe les contrats et marchés, ordonne les dépenses, gère le patrimoine et dirige l’administration municipale. Il est élu par le conseil municipal lors de la première séance du mandat, en même temps que les adjoints.
Les adjoints épaulent le maire et reçoivent des délégations dans des domaines précis (urbanisme, finances, éducation, culture, sports, solidarité…). Les conseillers délégués peuvent également se voir confier un suivi thématique (jeunesse, mobilité, transition écologique, etc.), sans être adjoints au sens juridique.
2. L’administration municipale : services et organigramme
L’administration de la mairie est composée d’agents territoriaux placés sous l’autorité du maire (ou du directeur général des services – DGS – dans les communes plus importantes). Elle se structure en services ou pôles, en fonction de la taille de la commune.
Dans une petite commune, on trouve souvent :
- Un secrétariat de mairie « multi-tâches » : accueil du public, état civil, élections, comptabilité, urbanisme simple.
- Un service technique : voirie, espaces verts, bâtiments communaux, cimetière, manifestations.
Dans une ville plus importante, l’organigramme se complexifie :
- Pôle « services à la population » (état civil, élections, funéraire, scolaire, périscolaire).
- Pôle « finances et commande publique » (budget, marchés publics).
- Pôle « urbanisme et aménagement » (PLU, permis de construire, mobilité).
- Pôle « action sociale et solidarité » (CCAS, aides facultatives).
- Pôle « culture, sports et vie associative ».
Le maire reste juridiquement chef de l’administration municipale : il recrute, affecte, promeut et sanctionne les agents territoriaux, avec l’appui du Centre de Gestion (organisation concours, conseil RH, médecine préventive).
Rôle définition et attributions du Centre de Gestion (CDG) :
Le CDG est un outil mutualisé pour le maire, jamais employeur.
Il :Organise les concours d’accès aux cadres, conseille en gestion RH et paie, assure médecine préventive (petites communes), représente les petites communes en contentieux
Exceptions contractuels petites communes :
Communes <2 000 hab. peuvent recruter contractuels plus facilement (art. L.332–8 CGFP), mais c’est toujours le maire qui signe et décide.
3. Les principales compétences d’une commune
Les compétences de la commune se concentrent sur la proximité et le quotidien. Elles varient en détail selon les transferts à l’intercommunalité, mais plusieurs blocs restent structurants.
État civil et citoyenneté :
Délivrance des actes de naissance, mariage, décès ; célébration des mariages ; tenue des registres ; organisation matérielle des élections (bureaux de vote, listes électorales).
Écoles et jeunesse :
Construction, entretien et fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires publiques (bâtiments, cantine, périscolaire) ; soutien aux projets éducatifs locaux.
Urbanisme et habitat :
Élaboration du PLU ou PLUi (si compétence transférée), délivrance des permis de construire et autorisations d’urbanisme (lorsque la compétence n’est pas transférée), politique de logement social en lien avec l’intercommunalité et les bailleurs.
Voirie et espaces publics :
Entretien de la voirie communale, trottoirs, éclairage public, espaces verts, mobilier urbain, propreté. Certaines voiries peuvent être intercommunales ou départementales.
Action sociale et solidarité :
Gestion du CCAS (centre communal d’action sociale), aides facultatives (bons alimentaires, secours d’urgence), soutien aux personnes âgées, lien avec les associations caritatives.
Culture, sports et vie associative :
Bibliothèques, équipements sportifs et culturels, programmation d’événements, subventions aux associations locales, mise à disposition de salles.
Police municipale et sécurité :
Pouvoirs de police du maire (tranquillité publique, salubrité, sécurité, réglementation locale), éventuellement police municipale ou gardes champêtres, en lien avec la police nationale ou la gendarmerie.
Le maire exerce une double casquette : agent de l’État (état civil, élections, certaines polices) et organe exécutif de la commune (budget, patrimoine, personnel, services). On parle de « dédoublement fonctionnel » du maire.
4. Vers l’intercommunalité : une évolution majeure
Depuis les années 1990, les communes se sont regroupées au sein d’établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) : communautés de communes, communautés d’agglomération, communautés urbaines, métropoles. L’objectif est de mutualiser des compétences et des moyens sur un territoire plus large.
De nombreuses compétences autrefois exercées par la commune sont désormais transférées à l’intercommunalité :
- Développement économique, zones d’activités.
- Gestion des déchets, eau et assainissement.
- Mobilité, transports urbains.
- Aménagement de l’espace, parfois urbanisme (PLUi).
La mairie reste l’échelon de proximité et d’accueil du public, mais de plus en plus de décisions structurantes (zones commerciales, politiques de transport, grandes infrastructures, politique de l’habitat) se prennent à l’échelle intercommunale. Cela modifie profondément le rôle du maire et des conseillers municipaux, qui doivent aussi peser au sein du conseil communautaire.
Cette évolution vers l’intercommunalité est suffisamment importante pour faire l’objet d’une fiche à part entière :
« Comprendre l’intercommunalité : qui décide, qui fait quoi, et quel rôle pour les communes ? »
Sources pour approfondir
- CGCT Art. L.2121–29 — Pouvoirs du conseil municipal
- CGCT Art. L.2122–18 — Maire = chef administration municipale
- CGCT Art. L.2122–22 — Délégations aux adjoints
- Wikipédia — Organisation de la commune
- Wikipédia — Pouvoirs du maire
- Wikipédia — Centres de gestion FPT
